La Fête des PÈRES…

Courage, sagesse et INTÉGRITÉ font d’un HOMME un PÈRE. L’amour fait de lui un PAPA.

Ce sont ces mots, qui ont attiré mon attention cet après-midi-là… dans la rangée des cartes de la pharmacie.  Ce sont les mots que je lui ai lus, vendredi dernier, pour cette Fête des Pères pas comme les autres. Mon PAPA aura 84 ans la semaine prochaine.  Depuis le début de La Pandémie, il a fait preuve de la plus grande résilience. Il a traversé les confinements, les visites de l’autre côté de la fenêtre, les masques, les lunettes et même les gants. Il a vaincu la Covid, mais voilà que sa vie lui échappe et qu’il nous quitte doucement, un peu plus, à chaque jour qui passe.

J’ai eu envie de raconter un petit bout de son histoire, de notre histoire. Hier après-midi, en écrivant ces quelques mots, j’ai passé un merveilleux moment avec lui, avec ses souvenirs, avec tous ceux qui l’aiment et qui l’ont aimé.  Voici mon cadeau de Fête des Pères.

Mon père est né dans le petit Village de St-Séverin de Beauce.  Issu d’un milieu plutôt modeste, on pourrait dire que la vie n’a pas toujours été douce pour lui, mais il a toujours su traverser ses épreuves avec courage et résilience.

Il est né de l’amour entre Hector et Laétitia qui aura été malheureusement, bien trop court.  Dans son journal, ma grand-mère décrit les derniers moments de la vie de mon grand-père, décédé en quelques jours des complications d’une simple appendicite; il avait 26 ans. Elle écrit : ‘’Sépulture 31 août au milieu d’une foule de parents. Revenir ici avec Louis-Aimé âgé de 14 mois’’… 

Sa mère, seule avec un jeune enfant, trouve un loyer dans la maison de Graziella et débute alors un petit commerce de réparation de vêtements. Une véritable entrepreneure. Ce travail lui permettra de vivre avec son Louis-Aimé adoré et d’accumuler assez d’argent pour en prêter une bonne partie à son frère ainé; en l’aidant à démarrer son épicerie. Plusieurs années plus tard, c’est vers cet oncle à peine plus vieux que lui, que mon père se tournera et qui l’aidera à traverser une période difficile.

En 1945, elle écrit dans son journal : ‘’En Septembre le 10, je me décide de partir pour Montréal’’.  Ce jour-là, ils prennent le train vers une nouvelle vie. Deux jours plus tard, elle reconduit mon père à l’Orphelinat de Montréal, il a alors 8 ans. Elle débute ensuite son travail aux cuisines du Couvent des Sœurs Grises où deux de ses sœurs ainées y sont déjà, comme religieuses.  Je ne sais pas s’il se sentait orphelin, mais j’aime penser qu’il se soit vu comme un pensionnaire avec le privilège d’avoir une de ses Tantes Religieuses pour veiller sur lui. 

Mon père est Ingénieur Civil.  Contre toute attente, il a réussi à travailler pour payer ses études et combler le manque de bases académiques de ses études pré-universitaires.  Je l’ai souvent entendu raconter avoir débuté ses études avec des résultats très inférieurs aux moyennes et réussir à terminer en tête de sa promotion.  Je ne sais pas s’il a un peu exagéré, mais je comprends aujourd’hui, qu’il n’avait peut-être pas reçu les encouragements et le support qu’il aurait souhaité. Je pense qu’il a compris assez tôt, que sa mère avait fait le mieux qu’elle pouvait avec ce qu’elle avait elle-même reçu.  Il avait pour elle, le plus grand respect et tout l’amour qu’un fils puisse porter à sa mère.

C’est en voyageant pour l’Université de Saint-Jean vers Montréal, qu’il rencontre Jacques, qui lui présente alors sa jeune sœur Lise.  Ma grand-mère, Cécile trouvait mon père beaucoup trop sérieux pour sa fille… Heureusement, elle ne l’a pas écouté et l’a marié quand même!

Mon père m’a transmis plusieurs de ses passions et le bricolage en fait certainement partie. Combien d’heures, j’ai passé à le regarder faire.  À construire ses bateaux en modèles réduits. À aménager toute une ville autour d’une table de trains avec des petits arbres miniatures auxquels je pense encore aujourd’hui, quand je vois les feuilles multicolores s’accrocher aux branches des arbres à l’automne. Combien de fois, je l’ai accompagné, pour aller travailler sur notre bateau.  Juste à être là avec lui, à faire je ne sais quoi… pendant ce temps. Mais je sais une chose, j’aimais ça!

Il y a bientôt 8 ans, j’ai rencontré le Capitaine d’un voilier qui était à vendre. On pourrait dire que le vent a rapidement tourné, que la passion est revenue et que la pancarte a soudainement disparu.  Je me rappelle encore, ce jour, où il me promettait de m’emmener naviguer dans les 1000 Isles…

C’était l’été de 1976, l’année des Olympiques. Je n’avais pas encore 8 ans, quand nous sommes partis, toute la famille, avec notre chien, pour deux semaines, à bord du Beauceron II, pour naviguer dans les 1000 Isles. Oui, ces mêmes 1000 Isles…

Nous avons fait le grand tour, de Montréal vers Ottawa à travers la grande écluse de Carillon, par la Rivière des Outaouais (Ottawa River) et pour ensuite prendre le cap vers le sud. Par le Canal Rideau, à travers les nombreux ‘’Swing Bridges’’, nous avons navigués vers Kingston, puis Gananoque pour finalement pour revenir vers Montréal par La Voie Maritime du Saint-Laurent.  De magnifiques souvenirs qui sont gravés en moi pour toujours et qui me préparaient aux plus belles années de ma vie.

Il y a 7 ans, nous avons eu le plaisir d’emmener mon père et Clarisse, sur Micro Cat, notre voilier à Gananoque.  Je revois encore son sourire, à parler bateau avec Barry et à découvrir tous ces nouveaux instruments de navigation qui lui rappelaient ce qu’il avait tant aimé. Quel bonheur d’avoir pu partager ces moments avec lui ce jour-là, exactement là où il avait choisi d’emmener sa famille, 38 ans plus tôt.  

Parfois, la vie nous amène, exactement où nous voulons être.  Ma mère appelait ça… Une espèce de Grâce… Elle n’est jamais revenue à Gananoque. Elle n’a jamais rencontré mon Capitaine.  Mais elle est bien là, avec nous depuis le tout début. Ça je le sais.

Comme fille, mon père m’a montré que je pouvais faire tout ce que je voulais.  Il a vu en moi mes capacités et jamais mes limites. Comme père, il aura peut-être fait l’erreur de vouloir me pousser à faire plus… que ce que je voulais être. Le plus important aujourd’hui, ce n’est plus le métier vers lequel il m’a dirigé, mais tout l’amour et toutes ses valeurs qu’il m’a transmises. 

Mon père n’est pas parfait, mais il a été un très bon père.  Ce sont, sa mère, sa famille, ma mère qui l’ont aidé à devenir courageux, sage et intègre.  Pour un homme d’une autre génération, il est certainement un exemple que beaucoup devraient suivre aujourd’hui.

Comme homme, en parlant avec amour et respect à ma mère, mais aussi à toutes les femmes de son entourage, il m’a appris à être aimée et respectée.

C’est ce qu’il a fait de mieux, mon père.

Ta fille… e que… qui t’aime xxx

Au bas de la page, dans le cahier de Laétitia…

‘’J’ai reçu vos témoignages comme un héritage que je garderai toujours, car j’y trouve la joie de mon cœur’’ (Ps. 118,111)

Crédit Photo Principale : Sol Photographe

2 Comments

  1. Une courte « biographie » sur ton père mais les essentiels sont là! Très beaux texte! ❤️

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