Gnômes & Gazon enchanté!

English (Click here…)

On nous avait annoncé un printemps pluvieux. On nous avait même prévenu de ne pas sortir sans parapluie. Ça semblait pourtant le parfait moment pour faire de notre gazon, le plus beau et le plus vert du quartier. Avec beaucoup de travail (pas tant le mien que celui de mon ami Patrice, Architecte, Artiste, Peintre, Jardinier du roi et de tant d’autres talents), nous avons tout arraché, chassé les verts blancs et ressemé avec la confiance des plus grands espoirs.

La pluie n’est pas venue. Le mois de mai le plus sec de l’histoire!!! Ce qu’on appelle, le timing. Armée de mon arrosoir automatique, j’ai arrosé, chaque soir, alors que c’était encore permis. C’était le printemps. J’ai arrosé, arrosé et arrosé encore. Après deux semaines, je n’avais réussi qu’à faire pousser de la terre.

Un jour, alors que je n’y croyais plus, par un miracle inespéré, les premiers brins sont apparus! Ravivée d’espoirs, j’ai continué ma routine d’arrosage, jusqu’à ce qu’un panneau m’avertisse qu’il y avait maintenant cet horaire à respecter. Deux fois par semaine¸ avec la pluie venue en renfort, j’ai pris soin de notre gazon comme si je l’avais mis au monde.

À la tombée de la nuit, par un beau jour de juin, les lucioles nous ont offert leur plus magique spectacle. On ne saura jamais ce qui s’est vraiment passé… Mais je crois, qu’en plus d’illuminer les buissons, elles ont répandu une poudre magique… Une poudre à faire pousser le gazon.

Après leur passage, le gazon s’est mis à pousser plus vite que la veille… Et depuis, ça n’arrête plus… tout pousse, les mauvaises herbes, les champignons et mêmes les gnômes qui n’en croyaient pas leurs yeux.

Avons-nous trop semé, pas assez arrosé? Tout le monde avait sa théorie. Trop ceci ou pas assez cela… Il y avait ceux qui croyaient que nous aurions pu faire mieux. Il y avait les autres qui pratiquent le vivre et laisser-vivre les mauvaises herbes. Et il y avait moi, qui changeait de camp, presqu’à tous les jours…

Nous avons eu un gazon aux couleurs de camouflage. Moi qui rêvais secrètement d’un gazon de velours au quadrillage plus que parfait… Je ne pouvais pas l’avouer !

Je n’ai jamais trouvé le courage de tenter d’arracher ce maudit chiendent, qui a compris bien rapidement, qu’il aurait le champ libre pour gagner tout le terrain.

Il y a un presqu’un mois, (mon texte est resté dans mon ordi…) notre gazon ressemblait à une petite forêt enchantée où les lapins, les gnômes, les champignons et même les mouffettes étaient les bienvenus. 

La pluie n’a plus été suffisante.  Un étrange état entre sécheresse et abondance s’est installé. Je me console en épiant le gazon des autres qui n’est guère mieux que le nôtre.

Ce matin, il foisonnait de minuscules oiseaux qui semblaient bien l’aimer… notre gazon imparfait. Faire ou ne pas faire quelque chose… Je me questionne encore… Et si on faisait comme les oiseaux…

Trouve beau tout ce que tu peux…

Vincent Van Gogh

We had been told it was going to be a rainy Spring. We were even warned not to leave without an umbrella for weeks to come. It seemed the perfect time to make our grass the nicest and greenest of the neighborhood! With a lot of work (not so much mine as much as friend’s Patrice the Architect, Artist, Painter, Gardener of the Queen and so many other talents) we pulled it all out, chased the white worms away and reseeded with confidence and highest hopes.

The rain didn’t come. It would prove to be the driest month of May in history!!! This is called « timing »!!! Armed with my automatic sprinkler, I watered in the evening, when it was still allowed. It was spring. I watered, watered and watered again. After two weeks, I had only managed to grow more soil… So it seemed!

One day, when I had stopped believing it could ever grow, by miracle, the first strands of grass appeared! Filled with new found hopes, I continued my watering routine. Twice a week¸ with a little help from the rain, I took care of our grass as if I had given birth to it.

At twilight, on a beautiful evening of June, the fireflies gave their first magical performance. We’ll never know what really happened, but I like to believe that they must have sprinkled a magic powder… A powder that Could make the grass grow…

The grass began to grow faster than the day before… Everything started to grow. Weeds, mushrooms and even the Gnomes who couldn’t believe their eyes.

Had we used too many seeds… Too much water…? Everyone has had their theory. It must have been too much of this or not enough that… There were those who believed we could have done better and the others, who practiced living and letting the weeds live. There was me, who would changed sides every other day.

At times, we had a grass of Camouflage colors… I, who secretly dreamed of a velvety grass… I just couldn’t admit it!

I never found the courage to even try removing these damn weeds that quickly realized they could easily take over. And so they did!

Almost a month ago, (these words remained in my computer…) our grass looked like a small enchanted forest where rabbits, gnomes, mushrooms and even skunks were welcome to visit.

But the rain is now… no longer enough. A strange and sad state between drought and abundance seems to have taken place. I have to admit, I now find comfort in spying on other people’s grass misfortune…

This morning, I watched dozens of tiny birds, I can’t name, enjoying and feeding of this beautifully imperfect grass of ours.

To try or not to try… I still can’t decide… But I think I will just LET IT BE… Whatever it will become !

Trouve beau tout ce que tu peux…

Vincent Van Gogh

Leave a Reply